L’inflation de la dotation, passée de 5000 francs à 10 euros

Les frères Goncourt avaient décidé qu’après leur mort, la vente de leurs biens servirait à placer un capital dont les intérêts reviendraient à l’Académie Goncourt. Ils pensaient pouvoir offrir une rente à vie de 6000 francs à dix auteurs méritants, en plus d’un prix annuel doté de 5000 francs. Mais arrive la Première Guerre mondiale, puis la création du franc Poincaré en 1928, qui engendrent l’effondrement du portefeuille de la société, car celui-ci comprenait des obligations d’Etat. En 1926, le prix ne vaut plus que 50 nouveaux francs. Aujourd’hui, ce montant a été actualisé à 10 euros. Un chèque que les lauréats font généralement encadrer !

Romain Gary l’a reçu deux fois sous deux noms différents

D’après son règlement, le prix ne peut être attribué qu’une seule fois à un écrivain. Pourtant, Romain Gary a réussi à le recevoir pour deux de ses romans. D’abord pour « Les Racines du ciel », en 1956, sous son vrai nom, puis pour « La Vie devant soi », en 1975, sous le pseudonyme d’Émile Ajar. Il avait demandé à son petit-cousin Paul Pavlowitch, lui-même écrivain, de se faire passer pour lui auprès des médias lors de la cérémonie de remise des prix. La supercherie ne sera révélée que cinq ans après la mort de l’écrivain ! Paul Pavlowitch aura endossé le rôle huit années durant.

Les grands auteurs évincés

Le prix Goncourt 1910 fut remporté par Louis Pergaud, instituteur et auteur de « La guerre des boutons ».Pergaud reçoit le Goncourt pour « De Goupil à Margot ». Parmi les nominés moins heureux, deux noms bien connus : celui de Guillaume Apollinaire, qui n’obtint que trois voix sur dix au premier tour pour son recueil de seize contes, L’Hérésiarque et Compagnie ; et celui de Colette Willy, auteur bien connue de Dialogue de bêtes (1905) qui, elle, n’obtint que deux voix pour La Vagabonde. Mais l’écrivain dont la déconvenue au Goncourt a fait couler le plus d’encre reste sans doute Louis-Ferdinand Céline. En 1932, son Voyage au bout de la nuit est recalé au profit d’un roman intitulé Les Loups, et signé Guy Mazeline.

En 2011, des pirates informatiques ont corrigé les fautes de français d’un lauréat

La « Team Alexandriz » est un groupe de pirates informatiques qui propose le téléchargement illégal de livres en ligne. Et ces hackers poussent le zèle jusqu’à corriger les fautes d’orthographe et de conjugaison des auteurs. L’une de leurs victimes n’a été autre qu’Alexis Jenni, Prix Goncourt 2011 pour son « Art français de la guerre ». La Team Alexandriz s’est emparée d’une version numérique du roman diffusée par son éditeur Gallimard, et a corrigé un nombre de coquilles apparemment assez conséquent ! Le comble étant que certaines de ces fautes se trouvaient également dans la version papier de ce roman couronné par le prix Goncourt.

Alain Ayache, le jeune homme qui se cachait dans le placard de chez Drouant

En 1958, un jeune journaliste de16 ans, qui travaille pour l’hebdomadaire « Aux écoutes » parvient à s’introduire au restaurant Chez Drouant avant les jurés, en faisant sauter les plombs. Alain Ayache s’est caché dans le placard à balais après avoir installé un micro dans le lustre de la salle à manger. Presque à la fin des délibérations, Philippe Hériat ayant eu un pressentiment, se dirige vers le placard et l’ouvre. Et du haut de sa puissante stature, il attrape le petit Alain Ayache par le col et le traîne devant la compagnie : « Voilà l’espion, je vous le livre ! »

Le jeune effronté est finalement libéré, après avoir promis de ne pas utiliser les informations collectées à l’insu de la noble académie. Mais loin de se laisser impressionner, il récidive en1983, avec un micro directionnel qui lui permet de publier pour l’hebdomadaire « Le Meilleur », dont il est le patron, l’intégralité des 90 minutes de délibérations !

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